J’étais au cégep, en techniques administratives, et je rêvais d’ouvrir mon propre restaurant. Pour mon projet de session, j’avais préparé un plan d’affaires détaillé. J’y avais mis beaucoup de travail et j’y croyais.

J’ai reçu 59 %, avec un commentaire disant que le projet n’était pas réaliste. Il devait aussi y avoir beaucoup de fautes. J’étais vraiment mauvais en français.

Cette note, j’ai eu du mal à la digérer. J’ai lâché le cégep.

Le projet prend forme

En août 1995, une occasion s’est présentée. Avec l’aide de mon père, nous avons ouvert une deuxième Brasserie Daniel Lapointe à Sherbrooke. Le restaurant ressemblait beaucoup au projet que j’avais présenté.

Il y avait tellement de monde qu’il fallait parfois attendre longtemps pour une table. Un soir, j’ai vu arriver mon enseignante. Elle m’a demandé de la faire passer devant la file.

Je lui ai fait remarquer le parallèle avec cette note que je n’avais toujours pas digérée. Je lui ai aussi dit que le restaurant devant elle était justement le projet qu’elle avait trouvé irréalisable. Je l’ai invitée à attendre comme tout le monde.

Ce que j’en retiens aujourd’hui

Aujourd’hui, je ne lui en veux plus. Quand je repense à cette histoire, je pense surtout à la place que peuvent prendre nos mots dans le projet de quelqu’un.

Dans mon métier, j’encourage les gestionnaires, les chefs et les employés à explorer leurs idées. J’aime les gens qui ont envie d’essayer. Je veux leur donner de la place pour apprendre et les moyens de faire avancer ce qu’ils proposent.

Ce 59 % fait partie de mon parcours. Il me rappelle pourquoi l’encouragement compte autant pour moi.